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Index Les enfants de la PRINCESS AUGUSTA




A Upper Allen Twp, vers 1750


       Vers 1750, Upper Allen Township voit arriver une petite communauté de Dunkards dirigée par les familles MOHLER et MILLER. Il y a là les deux frères «Jacob COCKLIN» (Jean-Jacques CAQUELIN) et «John COCKLIN» (probablement Jean-Nicolas CAQUELIN). On trouve également les noms suivants: BRINDLE, BRANT, BRICKER, GOOVER, NIESLEY, WOLFE.

       Les personnes de couleur noire sont nombreuses et y ont leur propre cimetière. L’esclavage est une donnée importante de la vie locale, de même, quelques décennies plus tard, que la recherche de la liberté, puisque la région est une des plaques tournantes du «Underground Railroad» («Chemin de fer souterrain»; c’est ainsi que l’on appelait les pistes et filières d’évasion vers le Nord des esclaves du Sud).

       La communauté Dunkard est nombreuse et organisée. Elle est très impliquée dans la vie locale, qu’elle structure de façon durable.

       Il est permis de penser que nos COCKLIN/COCKLEY y jouent un rôle éminent, puisque l’endroit comporte une Cocklin Church associée à son Cocklin Church cemetery, à ne pas confondre avec le «COCKLIN family graveyard».

       La position que prend individuellement chaque membre de la famille dans les différentes guerres qui se succèdent (Guerre de Sept Ans, révolte de Pontiac, Révolution américaine), nous l’ignorons. Cependant, chez les Dunkards en général, on est en principe totalement non violent; quant aux idées politiques (elles existent, même si elles ne se traduisent pas en engagement guerrier), on note une certaine tendance à prendre systématiquement le contre-pied des Messieurs de la Ohio Company, qui ont bien été identifiés comme les principaux fauteurs de guerre de la région; durant la guerre de Sept Ans, la secte jumelle du Ephrata Cloister s’est pas mal fait traiter de pro-française en raison de son habillement ressemblant à celui de moines catholiques, et elle n’a pas fait grand chose pour démentir; durant la Guerre révolutionnaire au contraire, les Dunkards sont souvent disposés à manifester une certaine loyauté à l’Angleterre, qui leur a fourni une terre d’asile.


La descendance de Sébastien Caquelin et de Marie Banzet

Rappel:
Génération 1:

Sébastien CAQUELIN (o 10-5-1686 Waldersbach, 67; il meurt en 1751 à Cocalico, Lancaster County, Pennsylvanie; x Marie Jeanne BANZET le 26-1-1712 à Waldersbach (elle meurt le 15-4-1733; elle est enterrée à Fouday, 67)

Génération 2:
pour une meilleure lisibilité du tableau, je retire les enfants morts en bas âge
CAQUELIN Sébastien o 20-3-1713 à Waldersbach; + 1736 sur la Princess Augusta
CAQUELIN Didier o 1-6-1714 Waldersbach; + 1795
CAQUELIN Marie o 22-7-1716 Waldersbach
CAQUELIN Jean Nicolas ( je pense qu’on peut l’assimiler à la personne connue en Amérique sous le nom de «John GOCKLEY») o 26-2-1718 Waldersbach; + 3 août 1792 Cocalico, Clay Twp, Lancaster, Pennsylvania, enterré à Gockley/Cocklin Graveyard,Cocklin Farm, Upper Allen Twp, Cumberland, Pennsylvania; x Magdalena EBERLY, d’où Sébastien, Catherine, David, John, Dietrich, Christina
CAQUELIN Catherine o 12-12-1724 Waldersbach;
CAQUELIN Sara o 5-1-1727 Waldersbach; + 2-1-1796; enterrée à Bright Cemetery, Berks, PA; x vers 1740 en Pensylvanie avec David BRECHT/BRIGHT (né le 8-9-1719 à Schriescheim, Mannhein, Baden, Allemagne); d’où postérité en Amérique; d’où Catherine
CAQUELIN Jean Jacques (Jacob Gockley); o 20-3-1733 Waldersbach; + 9-11-1799 Allen Township, Cumberland, Pennsylvanie; enterré au Gockley/Cocklin Graveyard, Upper Allen Twp, Cumberland, Pennsylvania; x Mary STUCKEY; d’où Mary, Jacob, David, Elisabeth; ils vivent à «Stukey Homestead, Elizabeth Twnshp, Lancaster, Pa»; puis à Cumberland County; cette Mary STUCKEY est la fille du «Hans Stockie» qui voyage sur la Princess Augusta.)


Sara CAQUELIN, épouse BRECHT

       Plus encore que ses frères, Sara CAQUELIN semble proche du cœur de la secte des Dunkards, puisqu’elle épouse David BRECHT, qui vient de Schriescheim, c’est à dire du même village d’Allemagne que le chef de l’église Alexander MACK. Gageons que, dans la famille, on parle beaucoup de cet homme estimable, qui naquit riche et mourut pauvre après avoir donné ses biens. Les gens qui se dépouillent vraiment de la sorte, il n’y en a pas tant que ça dans la réalité…

      Le village de Schriescheim est très bien connu dans l’histoire religieuse de la jeune Pennsylvanie

      Le couple habite, au moins une partie de sa vie à Bern Twp, Berks County, Pennsylvanie; en tous cas, c’est l’adresse qu’il donne en 1775 lorsqu’il passe une annonce dans la Pennsylvania Gazette pour récupérer son esclave qui s’est enfui.

      A Bern Township, ils ont pour voisins une communauté de Mennonites «de type suisse» qui semble une des toutes premières d’Amérique, et qui comprend la famille HOCHSTETTLER (53), originaire de Sainte Marie aux Mines, ainsi que des VAN GUNDY (VON GUNDEN, un nom bien connu dans les Vosges)

      En 1757, Bern Twp subit une sévère attaque indienne, dans laquelle sont tués plusieurs membres de la famille HOCHSTETTLER; l’un des garçons, Jacob, est captué par les Indiens et ne leur échappe que plusieurs années après; il revient s’installer à Bern Twp.

      Il semblerait que le couple David BRECHT/ Sara CAQUELIN possède au moins un esclave en la personne de ce Joe, noir de 26 ans, qui s’échappe en 1775. Un David BRECHT (il semble bien que ce soit «le nôtre») passe une annonce dans la Pennsylvania Gazette pour que celui qui le rencontrera le conduise à la prison la plus proche, contre récompense et paiement des frais raisonnables (54):

      Outre ses communautés Dunkard et Mennonite, Bern Twp comporte aussi une église luthérienne classique.

De la Pennsylvanie à l’Illinois

      Nous avons rencontré une donnée très importante, puisqu’elle nous montre un CAQUELIN/COCKLEY de Pennsylvanie qui se marie en Illinois (Abraham COCKLEY x 12-3-1825 avec Catherine BEAR à Jacksonville Twp, Will County, Illinois);

      Ce point est très important car, plus tard dans le 19ème siècle, il y aura des CAQUELIN qui migreront directement du Ban de la Roche vers l’Amérique.

      (par exemple: Louis Gustave CAQUELIN, né le 25 juin 1855 à Waldersbach, Ban de la Roche; décédé le 23 août 1927 à Woolstock, Iowa, Marié le 4 mars 1880, Waldersbach, Alsace, France, avec Rosine VALENTIN; d’où postérité qui s’installe en grande partie à Woolstock, Iowa (55))

      On peut donc supposer que des contacts ont été conservés entre les deux rives de l’Atlantique…


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